[ ETUDE ] Réseaux sociaux au #Maroc : la première étude qui passe les utilisateurs à la moulinette !



Plus d'un responsable marketing, plus d'un politique aimerait le savoir : Qui sont les internautes marocains ? Qui sont ces jeunes et moins jeunes qui sont présents sur les réseaux sociaux au Maroc ? Qui sont ces futurs consommateurs, potentiels électeurs, ... ?

Hier soir, Lundi 26 Mars, nous étions quelques uns à avoir rendez-vous pour découvrir les résultats d'une étude inédite sur les réseaux sociaux au Maroc, à l'invitation du CESEM, le centre de recherche d'HEM.

Dans le contexte d'une année 2011 marquée par le printemps arabe, l'équipe du CESEM, menée par Driss Ksikes  et Adib Bensalem, a apporté des éléments de réponse aux  décideurs économiques et politiques, communicants et aux utilisateurs eux-mêmes, en sondant les comportements des marocains sur les réseaux sociaux.

Les résultats de cette étude font apparaître au Maroc quatre profils d'utilisateurs : les affectifs, les observateurs, les communicateurs et les mobilisateurs. 


Quatre profils d'utilisateurs marocains des réseaux sociaux.


#1 - Les Affectifs - les affectifs sont principalement sur les média sociaux pour « discuter avec des inconnus », « draguer », « faire de nouvelles rencontres », « oublier leurs propres problèmes » ou « chercher un soutien moral ».  Majoritairement des hommes, plutôt jeunes ou très jeunes (+60% ont moins de 25 ans), étudiants, employés, plus souvent que les autres connectés à partir de cybercafés, joueurs, peu mobilisateurs en ligne, à l’affût d’une nouvelle rencontre et tant que cela ne s’est pas produit, juste là pour passer le temps.Maintiennent leur activité dans les Média Sociaux pour combattre solitude et ennui.





#2 - Les Observateurs  se distinguent par leur faible motivation à recourir aux media sociaux et leur comportement plutôt passif, une fois connectés : privilégient la procrastination et le divertissement d'abord, vont sur les réseaux sociaux pour jouer et consulter le mur de leurs amis, pas d'engagement ou d'implication. Les observateurs intègrent plus équitablement hommes et femmes, sont socialement moins déclassés (plus des cadres supérieurs que d’employés), très désengagés dans la vie sociale.


#3 - Les communicateurs - plus boulimiques dans leurs usages et plus utilitaristes dans leurs motivations. Objectifs poursuivis : faire du réseautage professionnel, apporter un soutien affectif (booster/encourager les autres, montrer qu’on apprécie quelqu’un … ) ; Militer (lancer un débat, une pétition …) et se tenir au courant (famille et actualités). Une grande majorité de femmes dans ce profil, des jeunes et éduqués, principalement étudiants ou cadres du supérieur, plutôt solidaires de causes qu'engagés politiquement.


 #4 - Les mobilisateurs - De tous les profil les mobilisateurs affichent des choix particulièrement tranchés quant aux motivations qui les poussent vers les media sociaux. Ils sont résolument connectés pour « s’exprimer, mobiliser» (dénoncer un fait, rallier une cause, s’opposer à la politique de l’Etat…) et accessoirement pour « s’identifier à une communauté » . Appartenant plutôt à la frange supérieure de la classe moyenne, les mobilisateurs vont sur les media sociaux pour compléter ou combler leur engagement dans la cité. Pour eux, Internet est une continuité de l’espace public. 

Les découvertes de cette étude

Ce que cette étude semble démontrer, c'est qu'il existe grosso modo deux types de profils sur les réseaux sociaux au Maroc : ceux qui font du bruit (les communicateurs et les mobilisateurs) et une armée de silencieux qui observent (les observateurs) ou engagent des discussions de proximité (les affectifs) dans un cercle restreint de connaissances (< 500 amis Facebook). Et c'est certainement je crois l'une des découvertes de cette étude : si l'on retient souvent des  réseaux sociaux qu'ils permettent de prendre la parole, de débattre, de partager, de rendre public, c'est oublier tous ceux qui ne s'engagent pas dans le débat public et  ont une utilisation plus intime et discrète, des réseaux sociaux.

L'autre découverte qui tort le coup aux idées reçues c'est la physionomie de ceux qui prennent la parole pour militer : 
"le cyber-activisme [au Maroc] n’est pas forcément l’apanage des plus jeunes ; la twittomania, fer de lance réputé des révolutions en Tunisie et en Egypte, demeure faible au Maroc, un outil très élitiste entre les mains de « mobilisateurs» ; enfin, les avis politiques exprimés en ligne, selon les profils identifiés et leurs usages, sont très partagés entre l’opposition, l’indifférence et le soutien au régime politique."
Je termine enfin sur quelques statistiques que l'on trouve dans cette étude sur le comportement des marocains sur les réseaux sociaux :
  • 75% déclarent avoir utilisé plus d’une fois les media sociaux pour dénoncer un fait.
  • 65% déclarent les utiliser pour se reposer mentalement.
  • 50% déclarent consulter régulièrement leurs comptes à partir du téléphone portable.
  • 33% déclarent y avoir déjà eu recours pour draguer
  • 76,7% des répondants ont moins de 500 amis sur Facebook
  • Seuls 17% des usagers interrogés ont un compte Twitter avec plus de 50 suiveurs
Pour aller plus loin


Méthodologie
  • Questionnaire français et arabe administré entre Septembre et Novembre 2011 sur des sites d'information (Au Fait, Yabiladi et Lakome) et les réseaux Sociaux (Facebook et Twitter)
  • 456 questionnaires validés.
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