Selon une récente étude publiée par ESSACHESS - Journal of Communication sous la plume d'Abderrahmane AMSIDDER, Fathallah DAGHMI et Farid TOUMI, les réseaux sociaux ont joué un rôle infime dans la mobilisation post « Printemps arabe » au Maroc. Et les média classiques (presse écrite, télévision, radio) ont été des relais bien plus puissants que l’Internet pour mobiliser les marocains.
Voilà qui va à l’encontre de bien des idées reçues !
Que ce soit en Iran au lendemain des élections de 2009, ou bien en Tunisie et en Égypte en 2011 dans le contexte du « Printemps arabe », les exemples ne manquent pas pour illustrer le pouvoir mobilisateur des réseaux sociaux. A tel point, que très rapidement, l’on a volontiers surnommé ces mouvements, « Révolution Facebook » ou « Révolution 2.0 ».
Alors en quoi le Maroc ferait-il exception ?
La réponse est à trouver en observant l’usage qu’ont les Marocains d’Internet.
Selon les rédacteurs de l’étude, les marocains vont d’abord sur Internet pour s’informer (75% des personnes interrogées vont sur le web pour rechercher une information) et pour se socialiser (pour consulter leurs emails ou pour se divertir (notamment télécharger des films)).
En revanche même s’ils ont une consommation intensive des réseaux sociaux (76% des personnes interrogées déclarent être présentes sur les réseaux sociaux) et s’ils disent croire à leur pouvoir mobilisateur (78% estiment que le web 2.0 a des vertues mobilisatrices) peu l’utilisent à des fins de mobilisation.
Interrogés sur le mouvement du 20 février, 41% déclarent avoir consulté l’appel à manifester du mouvement du 20 février. Et pourtant, 76% n’ont pas pris part aux manifestations du même mouvement suite à cet appel. Et 60% ne participent à aucun évènement annoncé via Facebook quelque soit sa nature.
De la même façon, au sujet des élections législatives de 2011, même s’ils ont été nombreux à s’y intéresser (74% déclarent avoir suivi la campagne électorale), 50% des personnes interrogées déclarent l’avoir suivi d'abord via les média classiques (presse écrite, radio, TV).
Pourquoi mobiliser via Internet ne marche pas au Maroc ?
Alors en quoi le Maroc ferait-il exception ?
La réponse est à trouver en observant l’usage qu’ont les Marocains d’Internet.
Selon les rédacteurs de l’étude, les marocains vont d’abord sur Internet pour s’informer (75% des personnes interrogées vont sur le web pour rechercher une information) et pour se socialiser (pour consulter leurs emails ou pour se divertir (notamment télécharger des films)).
En revanche même s’ils ont une consommation intensive des réseaux sociaux (76% des personnes interrogées déclarent être présentes sur les réseaux sociaux) et s’ils disent croire à leur pouvoir mobilisateur (78% estiment que le web 2.0 a des vertues mobilisatrices) peu l’utilisent à des fins de mobilisation.
Interrogés sur le mouvement du 20 février, 41% déclarent avoir consulté l’appel à manifester du mouvement du 20 février. Et pourtant, 76% n’ont pas pris part aux manifestations du même mouvement suite à cet appel. Et 60% ne participent à aucun évènement annoncé via Facebook quelque soit sa nature.
De la même façon, au sujet des élections législatives de 2011, même s’ils ont été nombreux à s’y intéresser (74% déclarent avoir suivi la campagne électorale), 50% des personnes interrogées déclarent l’avoir suivi d'abord via les média classiques (presse écrite, radio, TV).
Pourquoi mobiliser via Internet ne marche pas au Maroc ?
Les rédacteurs de l’étude avancent trois débuts de réponse.
D’abord parce que la classe politique est quasi absente d’Internet. Ce qui ne favorise pas le déplacement des électeurs dans cet espace virtuel.
Ensuite parce que le taux d’équipement en antennes paraboliques (satellitaires) est remarquablement élevé au Maroc (> 90 %), ce qui autorise déjà les marocains à s’informer autrement, sans censure ou rétention d’informations via des média transnationaux (Al Jazeera en tête). Et que dans un même temps la pénétration d'Internet et du haut débit est remarquablement faible.
Et enfin, parce que l’on assiste au Maroc depuis la fin des années 90 à l’essor d’une presse arabophone partisane qui prend le contre-pied de la presse complaisante et bienveillante :
« Les quotidiens arabophones sont les premiers à donner un nouveau ton dans les choix des sujets ce qui séduit l’écrasante majorité du lectorat marocain. C’est le cas notamment de Al Massae, Assabah et Al Ahdat Al Maghribia qui arrivent en tête des journaux en terme de lectorat. La dénonciation à longueur de colonnes de la corruption, des affaires d’Etat et de société jusque là tabous semblent réussir à cette presse. »
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Sur le sujet de l’e-mobilisation, je vous invite à consulter la remarquable présentation d’Hisham Al Miraat "Online Advocacy in a Time of Protest".
Sur le sujet de l’e-mobilisation, je vous invite à consulter la remarquable présentation d’Hisham Al Miraat "Online Advocacy in a Time of Protest".
Pics by stianeikeland
