Utiliser les Réseaux Sociaux pour lutter contre le Harcèlement Sexuel au Maroc ? L'exemple Egyptien.


Le mois dernier, mi-juin, j'étais invité par l'ALCS (Association de Lutte Contre le Sida) Maroc dans le cadre d'une université de trois jours visant à partager et braistormer sur les façons dont les réseaux sociaux peuvent aider le travail des associations qui luttent contre le SIDA, dans leur travail de prévention et d'information : 47 participants d’associations, de mouvements féministes, des défenseurs des droits de l’Homme, des experts des réseaux sociaux, des chercheurs, des institutionnels, des étudiants… venant des six pays du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc, Egypte, Mauritanie, Libye), des Emirats Arabes Unis et de France.

Et parmi toutes les intervention que j'ai vues, il y en a une qui a particulièrement retenu mon attention. Il s'agit du retour d'expérience d'Harass Map, activistes qui luttent contre le harcèlement sexuel en Égypte. 

C'est quoi Harass Map ?

 Le principe en quelques mots : dès  qu'une femme est victime d'harcèlement sexuel (au sens large : regards insistants, sifflements, attouchements, viol, ...), elle peut se rendre sur le site HarassMap.org et y ouvrir un incident via un formulaire en ligne. Dans le rapport elle décrit de façon circonstanciée ce qui s'est passé, la date et le lieu. Et elle peut décider de ne pas dévoiler son identité. 

Une fois envoyé le rapport est traité par les bénévoles et chaque rapport fait l'objet d'une réponse et d'un suivi de la victime : on lui propose une aide adaptée à son cas (aide légale, médicale, psychologique, ...).

Il s'agit de la première partie de ce dispositif. Et le premier bénéfice évident ici c'est utiliser Internet pour rompre l'isolement de la victime qui ne saurait pas se confier à ses proches ou à la police, hôpitaux, ... Internet lui préserve un relatif anonymat et facilite sa déclaration qui n'est plus verbale mais écrite.

Mais l'autre intérêt de cette démarche tient dans la seconde partie du dispositif.  Chaque incident est cartographié et géo-localisé. En additionnant les différents cas, on obtient un aperçu très fin quartier par quartier, et même rue par rue, des endroits les plus sensibles. 

Le bénéfice est double : les activistes de l'association savent où se rendre afin d'engager des campagnes de sensibilisation contre le harcèlement.

Et surtout, second bénéfice, un phénomène aussi abstrait que l'harcèlement sexuel devient soudain quantifiable et visible : impossible désormais de l'ignorer.

Et là ma question quand j'ai entendu Rebecca Chlao d'Harass Map en parler est la suivante : cette initiative est-elle transposable au Maroc ? Est-ce souhaitable ? Et qui pour le faire ? 

Qu'en pensez-vous  ?

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Ci-dessous la présentation d'HarassMap pendant l'université de l'ALCS


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Et au passage ma présentation - Introduction aux Réseaux Sociaux (Maroc et MENA)


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